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 Une petite promenade...[PV : Kain O'Sullivan]

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Amy Walker
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MessageSujet: Une petite promenade...[PV : Kain O'Sullivan]   Mer 3 Oct - 16:09

    Une petite promenade...


    Une journée ensoleillée, alors que la guilde était en pleine ébullition, je me promenais dans les alentours du lac. Je détestais pourtant le soleil, il était bizarre que je sorte lorsqu'il faisait un temps pareil. Mais, le soleil était mon deuxième ennemi alors que le trop plein d'activités était le premier. C'est pourquoi, j'échappais à la guilde sur les bordures du lac.
    Je m'approchais lentement de la surface de l'eau et m'assis dans les galets tout ronds et chauffés par le soleil qui se reflétait dans le lac en formant de petites étoiles scintillantes. De petits poissons dorés brillaient dans les profondeurs. Je fis un petit sourire et m'amusais à contrôler les poissons pour qu'ils sortent de l'eau en faisant de magnifiques sauts périlleux. Je n'étais pas spécialement de mauvaise humeur aujourd'hui, et je me surprenais moi même à admirer un groupe d'oie sauvages qui survolaient le lac. Je restais ainsi pendant quelques dizaines de minutes. L'air était doux, si doux que je fini par m'endormir, en boule avec ma longue cape rouge en guise d'oreiller. Je fus réveillé quelques minutes voire quelques heures plus tard, je ne sais pas, par le chant aiguë d'un oiseau. Lequel ? Je n'aurais pu le dire, je n'en avais aucune idée. Je me levais difficilement et regardais le ciel. Il s'était légèrement couvert, mais il restait une bonne part de bleu.
    "C'est bon, normalement, il ne devrait pas pleuvoir..."
    Je me retournais et m'apprêtais à faire le tour du lac en marchant. Rester immobile n'était pas mon fort, j'avais toujours besoin d'être en mouvement et je ne pouvais rester tranquille pendant plus de quelques heures. C'était sans doute pour cette raison que j'ai arrêté l'école. A moins que ce ne soit à cause des cours qui étaient trop ennuyeux pour qu'on y prête ne serai-ce qu'un peu d'attention. Je continuais à marcher le long de l'eau tout en réfléchissant aux souvenirs qu'il me restait d'avant mon entrée à la guilde des assassins.

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MessageSujet: Re: Une petite promenade...[PV : Kain O'Sullivan]   Mer 3 Oct - 18:30



NEVER FORGET I
O'SULLIVAN KAIN



Toi qui sait si bien sourire,
N'oublie pas leurs larmes.
N'oublie pas leurs jérémiades.
N'oublie pas leur désespoir.
Ils se sont perdus dans l'infamie de tes yeux ambitieux.






- Je suis venu te voir. Oui, je suis là pour me plaindre, qu'est ce que tu croyais ! Tu sais bien qu'il ne faut jamais attendre beaucoup de ma part. Tu l'as remarqué, hein ? Ce n'est pas grave si tu ne réponds pas. Je me demande comment c'est, là où tu es. Mais je n'ai pas spécialement envie de le savoir pour le moment, tu m'excuseras comme tu le fais toujours. Je voulais te dire, il y a peu de temps, j'ai rejoint une Guilde qui se fait appeler « Les Assassins ». Je ne devrais pas te parler de cela, je sais bien que ça ne te fait pas plaisir. Je ne sais pas moi-même pourquoi je me suis enrôlé dans cette organisation. Mais je peux la quitter aussi facilement que j'y suis entré, ce n'est pas un problème. Le mentor est une femme, elle est jeune et s'appelle Amy Walker. Tu veux savoir quelque chose sur elle ? Je suis certain que tu te méfierais énormément d'elle, vous êtes presque comme le jour et la nuit. Je lui ai fait mauvaise impression volontairement, je ne veux pas qu'elle voit en moi quelqu'un de serviable, mon besoin de liberté est bien trop grand pour ça. Je vais attendre de voir comment vont évoluer les choses, mais une chose est sûre, dans deux ans, je vais commencer à voyager en direction du Nord. J'ai l'habitude de vivre en nomade, ce sera seul, cette fois-ci. Il est temps, j'ai déjà attendu trop longtemps. J'ai besoin de vérifier moi-même mes origines. Ne le prends pas mal, mais je suis allé rendre visite à Adriaan avant de venir vers toi aujourd'hui. Si tu veux savoir comment il va, et bien, je dirais, comme d'habitude ? Il était heureux de me voir. Ah, qu'est ce que je raconte...Il ne voit plus depuis quelques mois, mais tu le sais déjà, je te l'ai dit la dernière fois. Je lui ai offert une autre canne puisqu'il a cassé la précédente. Son majordome, Niklaus, n'a pas voulu me dire comment il s'était débrouillé pour que cela arrive, et j'ai lu dans ses yeux qu'il me cachait quelque chose. Cela arrive fréquemment en ce moment. Même Adriaan ne semble pas dans son assiette, tu sais comme il était souriant avant. Penses-tu que c'est à cause du fait qu'il soit devenu aveugle ? Je croyais que sa dépression passerait bien plus vite. Oh, j'oubliais...Te souviens-tu d'Anabelle de Lérynthe ? Cela m'étonnerait que tu l'aies oubliée. J'ai entendu dire qu'une prime avait été placée sur sa tête. Je suis en train de chercher qui en est l'auteur, il paraîtrait qu'il y ait pas mal de complots en ce moment. Il se passe vraiment beaucoup de choses dans cette grande cité. Parfois, je me dis que tu as bien de la chance.

J'arrête soudainement de parler et, assis dans l'herbe grasse, je m'appuie sur mes coudes et penche ma tête en arrière. Mes yeux bleus ciels se heurtent à la clarté splendide de la voûte céleste au milieu de laquelle passent quelques parresseux nuages d'une blancheur étonnante. Je souris, soupire puis accentue encore l'expression légère qu'affiche mon visage. D'une voix à la fois incroyablement triste et ironique, je continue ce qui pourrait être appelé un monologue.

- Je ne devrais pas dire ça ! Je sais que c'est vraiment terrible et idiot de ma part. Tu te souviens de cette promesse ? À vrai dire, je l'avais trouvée tout aussi ridicule ! Mais ne m'en veux pas, car j'avoue qu'elle m'avait fait sourire. Plus encore, elle m'a rendu heureux. Je voudrais...Oui, je voudrais tellement l'entendre une deuxième fois.

Je me redresse lentement, et d'un geste presque tremblant, je serre dans mon poing la petite croix d'argent que je porte autour de mon cou. Ma main se secoue un peu plus à chaque seconde qui s'écoule ainsi, alors que je semble ne jamais vouloir lâcher le fin chapelet. Mes yeux noyés d'incertitude s'intensifient, alors que je murmure en un souffle.

- Tu me la diras à nouveau, n'est ce pas ?

Si cette scène s'était déroulée une année plus tôt, j'aurais versé des larmes. Je n'ai pas honte de le dire. Combien sais-je qu'il faut parfois avoir la force de pleurer...Je ne saurais le dire, j'ai vécu trop d'événements qui m'ont chacun retiré quelques sentiments. Mais je sais qu'ils sont là, au fond de mon cœur, et que personne ne saura les faire sortir. Je ne compte pas les montrer ailleurs qu'en face de cette tombe à qui je m'adresse tous les jours depuis plus d'un an. Mes yeux de glace admirent patiemment le bloc de granit qui sert de pierre tombale, où rien n'est pourtant gravé. Tout est dans ma mémoire. Et Dieu sait combien je ne souhaite pas voir ce nom une dernière fois. Doucement, je lâche ma petite croix d'argent et sort de mon manteau noir un simple lys violet, soigneusement coupé au bas de la tige, que je dépose en face du granit. Je ferme les yeux d'un air soulagé, et laisse encore plâner sur mon visage une expression douce et légère que je n'adresse à personne hormis cette tombe. Elle est la seule à me voir ainsi, à voir le véritable moi qui a le cœur lourd et éploré, et cela n'est pas près de changer. J'ai retiré mes gants, et ai laissé ma main droite venir effleurer la roche grise. Cette tombe se trouve en haut d'une petite colline, au milieu de quelques hêtres, dans un endroit où personne ne mets jamais les pieds. Il vaut mieux cela qu'autre chose, je deviendrais réellement fou si mon lieu de recueil disparaissait définitivement. Si je ne le suis pas déjà. D'un mouvement rapide et décidé, je me lève, frotte brièvement l'herbe qui s'est déposé sur mon manteau et enfile mes gants d'un geste rapide. Je tourne le dos à la petite tombe isolée, et lui murmure une dernière fois.

- Pardonne-moi d'avoir brisé cette promesse. Je voudrais tant que tu ne me vois pas lorsque je tue.

Mon visage affiche un instant une expression douloureuse que je m'empresse d'effacer. Je quitte finalement l'endroit, et me dirige calmement vers un lac que j'ai eu l'occasion d'apercevoir la nuit précédente, les mains dans les poches. J'ai parlé de quelques personnes que vous ne connaissez pas, vous m'excuserez pour cela. Pour moi, Adriaan est un grand ami. Est-ce que cela vous étonne ? Oui, il y a des gens que j'apprécie et qui en font de même. À vrai dire, il n'y en a plus qu'un seul, et c'est ce jeune homme. Il a un an de moins que moi et vit au milieu de la Noblesse. Il a eut un accident qui l'a rendu aveugle il y a quelques mois, et depuis plusieurs années, je me suis chargé moi-même de le défendre. Mais allons, je ne suis pas là pour parler de moi et de mes connaissances, ne faites pas comme si vous étiez intéressé.
Après une courte période de marche, j'aperçois le lieu dans lequel je compte me rendre : le lac aperçu la veille. J'ai toujours été attiré par l'eau, peut être cette préférence est-elle dûe à mon pouvoir en rapport avec la glace. Certains pourraient dire que ce temps est magnifique, c'est un fait que je ne pourrais pas nier, mais pour ma part, je préfère nettement le froid et la pluie. Ce soleil et cette douceur agréable dans l'air n'a de cesse de me fatiguer encore plus. J'ai déjà suffisamment accumulé les nuits blanches. Des nuits de travail, en plus de ça. J'atteins rapidement la rive de galets qui borde le grand lac coloré d'un bleu à la fois pur et foncé, dans lequel se reflètent les rayons mielleux du soleil. Je reste un instant planté sur place à admirer la faïence naturelle créée par la lumière de l'astre du jour, et avec un geste que j'aurais du faire bien plus tôt, je retire mon manteau sombre. Mon haut noir moulant suit rapidement le mouvement puisqu'il se retrouve également sur les galets. Torse nu, je m'allonge au bord de l'eau, les bras croisés derrière ma tête. La brise légère me rafraîchit immédiatement. Il faut dire que j'étais littéralement en train de mourir de chaud, et il va sans dire qu'il s'agit d'une des choses que je déteste le plus. Je soupire et ferme tranquillement les yeux au passage d'un vol d'oiseaux. Grâce à mon pouvoir, je m'empresse de rafraîchir un peu plus l'air autour de moi, et laisse parfois danser quelques cristaux de glace au-dessus de moi, avant de les laisser retomber sur les galets chauffés par le soleil entêté. Là, ils fondent rapidement, et les tâches d'eau qu'ils laissent s'empressent aussi de s'évaporer. Je croise patiemment mes jambes et tente de faire le vide dans mes pensées qui d'habitude sont constamment en effervescence. Il ne faut pas que je me pose trop de questions. J'ai encore le temps de me trouver une voie et pense être définitivement sur la bonne. Et puis, l'avenir sait bien altérer les choix, je ne suis pas seul à le savoir. Cette fâcheuse manie que j'ai de toujours tout remettre en question me vient d'Ahâron, je ne lui en veux pas pour ça. Il m'a aussi transmis son réalisme et sa franchise sans précédents. Ceci, je l'apprécie. Il m'arrive d'être hypocrite, certes, mais seulement envers les personnes qui deviendront surement des victimes. Je ne veux pas avoir l'air d'un Assassin sans scrupules en parlant de cette manière. Je vous l'ai dit, je suis plutôt rationaliste, ne m'obligez pas à le répéter. Cela ne fait pas de moi une personne manichéenne. Au bout de quelques minutes seulement, je parviens à centrer mes pensées sur la paisibilité des lieux qui m'entourent, et ma respiration se calme. Ce n'est pas comme si je comptais faire une sieste. C'est juste une manière pour moi de méditer tout en me reposant.
Alors que je croyais être tranquille allongé face à ce lac, je ressens bien vite une présence qui ne m'est définitivement pas inconnue. L'aura qui fait brièvement écho dans mon esprit est bel et bien celle d'Amy Walker. La mentor, ici ? Je ne m'y attendais absolument pas. Mais je ne bouge pas d'un millimètre et garde les yeux fermés, néanmoins curieux de savoir ce que « l'Assassin en chef » fait ici. Il est fort possible qu'elle s'ennuie, ce qui n'est aucunement mon cas. Je sens qu'elle s'est approchée encore plus, alors j'ouvre discrètement un œil pour apercevoir sa silhouette aux abords du lac. Je soupire, mais encore une fois, mon corps n'effectue pas un mouvement. Je me décide tout de même à m'adresser à elle comme si de rien n'était. Pour une coïncidence, celle-ci est bien imprévue.

- Seriez-vous au milieu d'une balade matinale mademoiselle Walker ? J'ai peine à croire que vous êtes une adepte de l'admiration de la nature. On dit que le hasard est le purgatoire de la causalité. Je suppose que je devrais voir en cette rencontre une grande part de ces mots.

L'expression soulagée que j'affichais un instant plus tôt a désormais disparu pour céder une nouvelle fois à la carapace qui ne laisse entrevoir aucun de mes sentiments. Mon visage reste fermé, impassible, pas même éclairé par la lueur glacée de mes yeux clos. Si elle est d'humeur à me parler, elle le fera, sinon, qu'à cela ne tienne, il se pourrait fortement qu'elle rentre au quartier général. Mais la voir ici reste une surprise dans mes pensées.

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Amy Walker
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MessageSujet: Re: Une petite promenade...[PV : Kain O'Sullivan]   Ven 5 Oct - 18:07

    J'avançais lentement en regardant le ciel presque de manière nostalgique, peut être que ma petite enfance me manquait mais, qu'importe. Je fus tirée de ma rêverie par la sensation d'une aura glaciale. Cette aura dont j'avais déjà eu affaire, celle de Kain, l'homme de glace, le nouveau venu de la guilde.
    Je perdis mon air insouciant et prenais une mine quelque peu inexpressive. Il était couché sur le bord du lac, comme il ne semblait pas agressif, je décidais de ne pas faire pression sur son corps avec mon pouvoir. Je restais là, à quelques mètres de lui, sans savoir si je devais m'approcher ou pas. Je ne m'attendais pas à tomber sur lui. J'étais un peu énervée car je ne savais pas vraiment si il allait pourrir ma journée ou non.
    Comme il ne semblait pas m'avoir remarqué, je m'apprêtais à faire demi-tour pour être sûre de finir ma journée dans la calme. C'est à e moment là qu'il se décida à m'interpeller.

    - Seriez-vous au milieu d'une balade matinale mademoiselle Walker ? J'ai peine à croire que vous êtes une adepte de l'admiration de la nature. On dit que le hasard est le purgatoire de la causalité. Je suppose que je devrais voir en cette rencontre une grande part de ces mots.

    Alors comme ça, il m'avait remarqué, je ne m'attendais pas vraiment à ça. Je le regardais d'un air complexe, mais je me disais que si ça tournais mal et qu'il m'énervait trop, je pourrais le noyer dans le lac avec mon pouvoir. Je m'approchais doucement d'un pas léger.
    Je me tenais debout, juste à côté de lui et regardais au loin. Je lui répondis d'un air étrangement calme :

    - Une balade matinale, non, on ne peut appeler ça ainsi. Disons que je fuis le trop plein d'activités de la guilde. Cette agitation me met de mauvaise humeur, enfin, encore plus que d'habitude. Et toi ? Qu'est-ce que tu fais là ? Je ne pensais pas te rencontrer ici surtout à cause de la chaleur ambiante. Un homme qui contrôle la glace qui aime la chaleur ? Non, ça je n'y crois pas.

    Je restais là, sans bouger, les mains derrière le dos avec un visage calme et posé, ce qui, sur moi était très rare. Aujourd'hui était un jour bien calme comparé aux autres...

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MessageSujet: Re: Une petite promenade...[PV : Kain O'Sullivan]   Lun 8 Oct - 9:06



NEVER FORGET II
O'SULLIVAN KAIN



Te souviens-tu ?
Le ciel était le même au travers de cette fenêtre.
Te rapelles-tu ?
Les bruits s'étouffaient sous les grands hêtres.
Et maintenant, comprends-tu ?
Le vent emporte loin ce que le coeur laisse renaître.




La jeune femme ne tarde pas à me répondre, d'une voix calme et paisible qui parvient à ne pas troubler la tranquilité des lieux. Peut-être ne suis-je pas le seul à arborer cette attitude pensive et abstraite aujourd'hui. Il serait même possible que je parvienne à m'entendre avec elle au moins cette fois-ci, car je dois avouer que paraître froid et désagréable n'est pas la première de mes préoccupations en ce moment.

- Une balade matinale, non, on ne peut appeler ça ainsi. Disons que je fuis le trop plein d'activités de la guilde. Cette agitation me met de mauvaise humeur, enfin, encore plus que d'habitude. Et toi ? Qu'est ce que tu fais là ? Je ne pensais pas te rencontrer ici, surtout à cause de la chaleur ambiante. Un homme qui contrôle la glace qui aime la châleur ? Non, ça, je n'y crois pas.

Je reste tout aussi pensif que je l'étais avant qu'elle ne se mette à parler à son tour, si ce n'est plus encore. C'est vrai, qu'est ce que je fais là ? Cela ne me ressemble pas. Je baisse les yeux vers la surface immobile de l'eau que seuls les rayons obstinés du soleil viennent troubler, et laisse mes iris de glace détailler l'onde limpide comme s'il s'agissait là d'une merveille du monde. Il me faut un certain temps pour me rendre compte de la douleur désagréable qui semble marteler mon crâne un peu plus à chaque seconde, et je ne peux empêcher quelques souvenirs lointains de faire surface. Sans prendre garde à la présence de la jeune mentor, je porte lentement une main sur le haut de ma nuque. Je sens déjà que je tremble, mais j'essaie de cacher mon malaise du mieux que je peux. Je fuis immédiatement du regard la clarté éblouissante du soleil qui accentue la pression du sang dans mes veines. Je cache mon visage dans mon autre main, et j'avoue que, malgré moi, je suis gêné de la présence d'Amy ici. Je déteste que l'on me voit en mauvais état. Un long soupir m'échappe alors que je lui laisse une fois de plus entendre ma voix.

- Je comprends votre réticence à plonger la tête dans des affaires inutiles. Je dois dire qu'en matière de responsabilités, je suis le premier à m'évader.

Je n'attends pas de réponse particulière de cette intervention de ma part, et, d'un geste discret et tremblant, je touche légèrement mon front. Je suis brûlant. Je sais bien qu'il ne faut pas se laisser emporter dans ce genre de situations, mais j'ai trop l'habitude d'être glacé pour passer à côté de ce détail déroutant. C'est trop tard maintenant, l'activité effarante de mon aura a déjà dû interpeller la mentor. Sachant qu'elle possède un pouvoir, ses sens sont bien plus développés que ceux de simples humains pour percevoir les troubles de l'esprit. Pourtant, cela fait quelques mois que je n'ai pas eu ce genre de problèmes. Cela ne fait pas de moi un faible, seulement...J'ai l'habitude de m'isoler lorsque cela arrive, question de ne pas blesser quelqu'un de mon entourage. Si c'est une personne que je ne connais pas, ce n'est pas dérangeant, mais là, ce n'est pas n'importe qui. Elle a beau être têtue et impulsive, elle reste ma mentor. Dans tous les cas, j'ai intérêt à bouger d'ici si je ne compte pas m'écrouler sur place. J'inspire calmement et me lève normalement, mais n'importe qui aurait pu remarquer que le rythme de ma respiration est quelque peu irrégulier. Mon regard bleu ciel se plante dans celui, rouge pourpre, d'Amy.

- Ce que je fais là ? Je me le demande. Cela me semble en effet logique que je suis loin de profiter de la température procurée par ce satané soleil.

Je ramasse furieusement mon haut suivi de mon manteau que je jette sur mon épaule. Sans laisser le temps à la jeune femme de répondre, je m'empresse de continuer.

- Je dois dire que je ne pensais pas que vous alliez me répondre. Vous ne devriez pas perdre votre temps à parler avec moi.

Mes yeux limpides la toisent d'un regard tout aussi impassible que le reste de mon expression, mais le reste de mon corps, lui, reste troublé par mon mal-être. Si cela ne tenait qu'à moi, je me serais déjà jeté dans le lac. Je me souviens que, jusqu'à l'âge de mes neuf ans, j'ai observé le monde au travers d'une fenêtre. Je me souviens de cette petite chambre vide qui donnait sur une grande cour où étaient plantés quelques hêtres. Je m'en souviens comme si c'était hier, car mes yeux étaient toujours rivés au dehors sans jamais pouvoir l'atteindre. À vrai dire, on m'interdisait de sortir. On disait que j'avais du mal à supporter le soleil et que je risquais de faire des malaises si je quittais la demeure en plein jour. Il n'y avait pas que cela, mon corps était aussi trop faible pour pouvoir me laisser me déplacer à ma guise. C'était terrible, mais avec toutes ces années de réclusion, je m'y étais habitué malgré moi. J'ai ainsi appris à adorer l'hiver, la pluie et la neige car ces temps me permettaient de poser les pieds dehors. Je n'étais jamais seul, toujours en compagnie d'Ahâron qui posait sur moi des yeux inquiets. Je sais bien que ce n'était pas une vie. Mais le ciel gris et froid était le seul élément à qui je pouvais sourire sincèrement. Et après près de quinze années, j'ai encore parfois du mal à garder une forme parfaite sous le soleil. Il arrive parfois qu'il me fasse perdre mes moyens et déstabilise mon aura. Est-ce une faiblesse ? Je ne sais pas. De toute façon, je n'agis que la nuit. Mais cela n'arrive pas si je ne reste que peu de temps sous la chaleur. Sinon...Voilà ce qu'il se passe, mon corps réagit à ce temps pourtant agréable comme s'il était une maladie. C'est mon propre signal de danger, mon corps devient brûlant, presque fiévreux, et il arrive parfois que ma magie forme d'elle-même une carapace de glace. C'est pour cela que je n'aime pas voir Amy près de moi dans cette situation. Parce que mes pouvoirs deviennent incontrôlables et dangereux. C'est arrivé plusieurs fois. Je fais un pas vers elle, mais la glace qui se forme autour de ma botte m'arrête immédiatement. Mes yeux n'ont cependant pas lâché ceux de la jeune femme. Face à cette manifestation de la part de ma magie, je me suis arrêté. Je sais qu'elle risque de voir ceci comme une menace, et c'est sans compter l'expression de marbre que conserve mon visage.

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MessageSujet: Re: Une petite promenade...[PV : Kain O'Sullivan]   Sam 13 Oct - 18:53

    Eh bien, il était bien bavard aujourd'hui. Je décidais de ne pas lui répondre et je continuais à regarder le lac. Un vol d'oies sauvages passa au dessus de nos têtes. Je ne pus m'empêcher de lever les yeux vers le ciel afin d'observer ces oiseaux. Je pensais pendant un moment que si les hommes étaient aussi rangés que ces oies sauvages, le monde ne pourrait que se porter mieux, mais je chassais très vite cette idée nostalgique de mon esprit qui n'avait gère sa place ici. Soudain, une aura chaude me tira de mes pensée. Chaude ? Je fronçais les sourcils. Je n'avais sentis l'arrivé de personne donc logiquement seul Kain demeurait à mes côtés. Je réfléchis un instant et je me souvins que la froideur de l'atmosphère avait disparut petit à petit et non d'un coup donc la seule explication logique était que la température corporelle de Kain s'était élevée. Je tournais la tête vers lui. Il s'était levé et il avait empoigné son manteau. Je le regardais avec un visage sans expression.

    - Ce que je fais là ? Je me le demande. Cela me semble en effet logique que je suis loin de profiter de la température procurée par ce satané soleil.
    Je dois dire que je ne pensais pas que vous alliez me répondre. Vous ne devriez pas perdre votre temps à parler avec moi.


    Apparemment, il souffrait et il ne désirait pas que je le vois dans cette position. Mais je ne bougeais pas je le regardais attentivement mais sans pour autant afficher un expression sur laquelle il aurait put faire quelques suppositions. Je réfléchis quelques instants. Mais oui, je suis bête. Il contrôle la glace donc logiquement il ne supporte pas la chaleur du soleil.

    - Je vois que tu n'est pas dans ton état normal. Tu veux que je te ramène à la guilde ? Ne t'inquiète je ne dirais rien. Je pense que tu ne veux pas qu'on te découvre dans cet état vu l'impression d'homme intouchable que tu as donné l'autre fois à la guilde. Je sais que ça ne va pas être facile mais pour cette fois, tu devrais me faire confiance. Je te promet que je ne te ferais pas de mal. Tu as ma parole de mentor. Je ne voudrais pas perdre une des meilleur élément de ma guilde. Allez viens, je te ramène.

    Il fit un pas vers moi et sa botte se couvrit d'une épaisse couche de glace. Alors comme ça il ne contrôlait pas ses pouvoirs dans ces moment là. Malgré le danger, je décidais de ne pas utiliser mon pouvoir. Je le regardais avec un air posé et attendais sa réponse avant de le prendre en charge.

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MessageSujet: Re: Une petite promenade...[PV : Kain O'Sullivan]   Mar 8 Jan - 19:45

    [Hey hey, souhaites-tu continuer ce RP ? S'il en est le cas, je répondrai ce week-end sans faute, sinon, je serais partante pour en faire un autre...Si bien sûr, tu acceptes.]

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MessageSujet: Re: Une petite promenade...[PV : Kain O'Sullivan]   Mar 8 Jan - 20:03

Comme tu veux, à toi de choisir, je serais ravie de Rper encore avec toi *^*

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MessageSujet: Re: Une petite promenade...[PV : Kain O'Sullivan]   Mar 8 Jan - 20:13

    [Maiiis ! Je voulais que tu choisisses ! *^* Je veux bien finir celui-là alors. (: Sur ce j'arrête de flooder. ~]

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MessageSujet: Re: Une petite promenade...[PV : Kain O'Sullivan]   Mer 9 Jan - 18:12

D'ac c'est à ton tour ^^

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MessageSujet: Re: Une petite promenade...[PV : Kain O'Sullivan]   Sam 19 Jan - 19:13



NEVER FORGET III
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« I look inside myself and see my heart is black
I see my red door and it has been painted black
Maybe then I'll fade away and not have to face the facts
It's not easy facing up when your whole world is black »

Paint it Black, R.S





« I have to turn my head until my darkness goes. »

- Je vois que tu n'es pas dans ton état normal. Tu veux que je te ramène à la guilde ? Ne t'inquiète pas, je ne dirais rien. Je pense que tu ne veux pas qu'on te découvre dans cet état vu l'impression d'homme intouchable que tu as donné l'autre fois à la guilde. Je sais que ça ne va pas être facile mais pour cette fois, tu devrais me confiance. Je te promets que je ne te ferais pas de mal. Tu as ma parole de mentor. Je ne voudrais pas perdre un des meilleurs éléments de ma guilde. Aller viens, je te ramène.

Ah, elle a encore répondu, et je dois dire que ses mots m'arrachent un sourire amusé avant que je ne baisse la tête, passe une main dans mes cheveux et me décide à avancer vers elle, suffisamment proche pour pouvoir l'atteindre en tendant le bras. « Homme intouchable », vraiment ? Ce qualitatif n'est pas si désagréable, mais je me demande justement pourquoi certains me perçoivent ainsi. Parce que les seuls regards que je leur adresse sont vils, froids et cruels ? Ou ma démarche assurée, mes gestes imprévisibles, mes mimiques imperceptibles, mes paroles agaçantes ? Moi-même ne sait pas réellement pourquoi j'agis de cette manière avec des personnes qui devraient pourtant être mes alliés. Car, oui, je suis différent envers mes véritables ennemis. Car pour commencer, je ne parle pas, c'est une perte une temps, un fait inutile qui n'apporte rien de réellement intéressant. De ce fait, j'agis vite, et sans leur prêter attention. Oh, évidemment, cela m'a valu d'être traité de barbare, de sans coeur et de toutes ces inepties qui tentent vainement de supprimer mes sentiments, mais beaucoup restent, croyez moi : les regrets et remords, une fausse culpabilité, mais par-dessus tout, cette cruauté...Est-ce un sentiment ? Je me le demande. Mes yeux de glace se lèvent lentement sur ceux, pourpres, d'Amy, avant que je ne lui réponde d'une voix exténuée.

- Vous êtes amusante...Vous devriez savoir que je ne fais confiance à personne. C'est idiot, n'est ce pas ? Je vous autorise à en penser de même...

Un jour, un homme a dit : « On est souvent trompé en amour, souvent blessé, souvent malheureux, mais c'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice, créé par mon orgueil. » Et en outre, j'ai été trahi quelquefois, mais ce peu de choses suffisent à écraser ma foi dans des profondeurs inconnues. Mais il est vrai que l'on fait plus souvent des trahisons par faiblesse que par un dessein forcé de trahir. En partant de cette optique, j'en ai conclu que la plupart de mes proches s'étaient montrés faibles, mais encore maintenant, il reste trop de doutes capables de ronger mon âme. Et ils le font ! Ils la dépècent jour après jour et jettent mes vestiges dans l'oubli, là où la lumière n'a jamais posé les pieds. Il fait noir, oui, plus noir que le noir lui-même, si sombre que rien ne s'y perçoit, et j'ai beau tenter d'y apercevoir une once de clarté, ne serait-ce qu'une poussière dans cet univers méconnu, jamais je ne la trouve. Alors j'ai parfois peur de devenir aveugle face à ce monde qui ne laisse plus beaucoup de choix : il m'offrirait la cécité ! Mais est-ce seulement une offrande que de ne jamais plus voir ces ténèbres grandissantes ? Et grandissent-elles réellement ? Je ne les perçois plus dans la noirceur de mes pensées, elles se noient dans les océans de mes déboires ! Elles se noient dans les failles désolées qui creusent mon âme. Oh, comme il serait facile de tourner le dos à ces champs malsains que cultivent mes remords ! Mais le regret me prouve que je ne suis pas dans la bonne direction, comment l'ignorer, comment le quitter, comment le détruire ? Changer, avancer vers des idéaux dont je douterai encore et encore, puis enfin recommencer, et ne jamais me trouver ? J'aimerais ne plus penser à ces plumes obscures qui ternissent mes ailes, elles les rendent lourdes et m'empêchent de voler. Là, en bas, elles traînent au sol et amassent poussières et décombres que je ne souhaite pas garder. Ah, misère, la mentor ne m'a pas lâché du regard et voilà que je pars dans d'habituelles déblatérations abstraites qui jamais n'illuminent mon chemin : elles y créent, en revanche, bien des ombres que le soleil ne sait faire reculer. Car à l'inverse, l'astre du jour me rend bien mal à l'aise, et déjà le monde semble se tordre, tourner, valser même autour de moi qui pourtant reste immobile, alors qu'instinctivement je pose une main sur mon front douloureux. Et pourtant le lac, les collines et les arbres n'arrêtent pas leur ballet troublant, ils semblent s'en aller toujours plus loin vers un pays emplit d'illusions, celui qui, par-dessus tout, me torture la tête. Le glas de la faiblesse cisaille mes tympans, et le goût de la défaite propage une écoeurante amertume. Les étincelles qui se mouvaient si délicatement à la surface de l'eau sont devenues d'agaçants crépitements de douleur à mes yeux, et les galets autrefois lisses et parfaits sont désormais d'informes roches jetées ça-et-là. Le bleu libertaire du ciel, lui, est devenu un voile odieux et monotone qui laisse danser dans mes yeux une lueur insatisfaite. Mais quel pessimisme, Kain ! Quel caractère incompréhensible, surtout. Je n'attends pas sa réponse et dans un élan qu'elle ne voit peut être pas venir, je m'approche brusquement d'Amy pour venir encercler ses épaules de mon bras gauche et m'appuie sur elle avec soulagement. Je sais, cette attitude ne me ressemble pas. Mais je n'ai guère envie de perdre mon temps à lui demander son avis dans des baratinages incessants. Et elle a été la première à m'avoir proposé son aide.

- Bien, il serait ingrat de refuser, et je suis loin d'être en état de me le permettre. Et si vous me traîniez au moins à l'ombre ? Cela suffira pour l'instant...

Et, dans une expression qui serait quasiment moqueuse, j'ajoute quelques mots en laissant se dessiner sur mon visage un sourire distrait.

- Fine comme vous l'êtes, j'aurais presque peur de vous briser en deux.

À peine m'étais-je reposé sur elle que ses longs cheveux avaient effleuré mon visage stoïque. Il alla sans dire que j'en avais profité pour la détailler d'un peu plus près, sans réellement cacher ce soudain intérêt. Car j'en étais venu, sans même savoir pourquoi, à me poser des questions sur cette simple mentor. Pourquoi tuait-elle ? Pourquoi était-elle cheftaine ? Il me faut cependant un temps avant de remarquer que le contact sous ma main gauche n'est plus seulement celui de son épaule, mais qu'une fine couche de glace commence à la recouvrir. Je dois avouer que sur l'instant, je ne sais comment réagir. Faire un brusque écart et m'écrouler littéralement à cause de cette soudaine faiblesse ? Rester sans bouger, faire comme si de rien n'était - ce qui serait alors totalement faux - ? M'excuser tel un imbécile incapable de contrôler ses pouvoirs ? Non, je n'en ai pas vraiment honte, je suis comme qui dirait un habitué. Mais je n'ai pas le temps de penser que déjà un élancement traverse mon crâne une fois de plus, et cette fois-ci, mon visage de marbre cède. Il laisse place à des traits douloureux qui fondent mon apparence de givre, et je tente de retenir le gémissement qui menace de franchir mes dents serrées alors que mes mains se mettent à trembler. Je ne voulais pas que cela arrive une nouvelle fois, car à présent, je l'avoue, je suis resté volontairement sous ce soleil. Peut être ai-je cru vaincre une des mille choses que je refuse d'accepter. Mais, ce n'est pas grave, il n'y aura personne d'autre. Elle sera la seule à voir, et c'est tout, cela passera comme un coup de vent, une brise d'été ou une bourrasque d'automne, et puis, il n'y aura plus rien, juste un vague souvenir qui peut être déposera des regrets sur mes pas.

« I have to turn my head until my darkness goes. »

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MessageSujet: Re: Une petite promenade...[PV : Kain O'Sullivan]   Dim 20 Jan - 17:11

    - Vous êtes amusante...Vous devriez savoir que je ne fais confiance à personne. C'est idiot, n'est ce pas ? Je vous autorise à en penser de même...

    Je ne répondis pas à cette réplique, mais je hochais la tête sans une once de sourire sur mon visage. Après tout, il avait raison, ce n'est pas parce qu'il était à l'article de la mort qu'il pouvait se mettre à me faire confiance. De plus, je n'étais pas vraiment la fille qui inspirait la sympathie. Je le regardais, sans vraiment oser faire un pas, je ne savais pas vraiment si il accepterait mon aide ou non. J'eus la réponse assez vite car il se jeta littéralement sur mon épaule. Je le retins de toutes mes forces avec une légère grimace de surprise sur mon visage.

    - Bien, il serait ingrat de refuser, et je suis loin d'être en état de me le permettre. Et si vous me traîniez au moins à l'ombre ? Cela suffira pour l'instant...

    A l'ombre, c'est tout ? Après tout, il voulait sûrement être le plus discret possible, ce qui était compréhensible, mais son état semblait plus grave que je ne le pensais, il était blanc comme un linge. Je me contentais de le traîner le plus vite possible vers l'arbre le plus à l'ombre en me disant qu'il savait sans doute ce qu'il faisait.

    - Fine comme vous l'êtes, j'aurais presque peur de vous briser en deux.

    Cette réplique me sembla un peu étrange. Pourquoi avait-il peur de me briser ? Je n'étais pas si fragile. C'est a ce moment que je remarquais qu'une fine couche de glace commençait à se former sur mon épaule, à l'endroit où sa main était posée. Je lui jetais un regard furtif tout en le tirant toujours vers l'arbre tant attendu. Il était en train de m'étudier. Je fus un peu surprise, mais je ne bronchais pas, jusqu'à ce que je vis son visage tordu d'une douleur indescriptible. Je ne l'avais jamais vu dans cette état, et cela ne correspondait pas du tout à son caractère. Je le déposais doucement contre le tronc de l'arbre, me penchais vers lui et collais mon front contre le sien pour tâcher de prendre sa température. Il était brûlant. Je laissais paraître une légère touche d'inquiétude sur mon visage. Je ne savais pas du tout quoi faire, ni comment réagir. Je réfléchissais quelques secondes puis sorti un mouchoir de ma poche et alla le tremper dans l'eau du lac à un endroit ombragé pour que l'eau ne soit pas encore réchauffée pas le soleil. Je me penchais vers lui et lui colla sur le front sans grande délicatesse. J'avoue que j'étais un peu inquiète pour lui, ce qui ne me ressemblait pas du tout.

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MessageSujet: Re: Une petite promenade...[PV : Kain O'Sullivan]   Dim 20 Jan - 20:37



NEVER FORGET IV
O'SULLIVAN KAIN




« I'll let the sunset burn again, I don't know why
I'll let the clouds vanish in pain, let them try
If the night comes don't close your eyes
If the moon begins to shine let her rise
And maybe we'll burn, but I won't lie
Then you'll laugh in vain and I'll tear up the sky
But I'll never let him cry »




« Things hardly attained are long retained. »

Amy ne dit rien de plus après cela, mais en revanche, elle se contenta de me traîner jusqu'à l'arbre le plus proche, et je fus ravi de voir qu'elle agissait rapidement sans poser de questions idiotes et dérangeantes, exactement comme le feraient le genre de personnes que je n'arrive guère à supporter. Finalement, la jeune femme me dépose doucement sur l'herbe ombragée, contre le tronc de cet arbre au feuillage épais, et je ne peux m'empêcher de détourner le regard. Elle aurait pu simplement me jeter là que cela n'aurait rien changé. Cela aurait même été amplement suffisant. Mais je me sens soudainement ingrat, et décide de ne pas m'attarder sur ces détails que mon mauvais caractère dérange. Je ne peux retenir le rapide sursaut qui m'échappe lorsqu'elle colle son front contre le mien, mais sa température agréable m'apaise brièvement. Soit elle est très froide, soit je suis réellement brûlant de fièvre. Décidément, la deuxième optique semble bien plus réaliste que la seconde...Mes yeux de glace se posent sur son visage qui a laissé ses traits se peindre d'inquiétude, et alors qu'elle sort subitement un mouchoir de sa poche pour se diriger vers le lac, je ne retiens pas un haussement de sourcil très peu compréhensif. Puisqu'elle me tourne le dos, j'en profite pour porter ma main droite à mon front bouillant, sceptique, et mes doigts indécis restent en suspens, tandis que je reste incapable de penser correctement. Cela doit faire bien longtemps que je n'ai pas eu de réel contact physique avec une personne autre qu'un ennemi. Ce fait me dérange un peu, je ne sais pas vraiment pourquoi. Et pourtant, la suivant patiemment du regard, je laisse un sourire amusé se dessiner sur mon visage lorsque je la vois tremper le morceau de tissus. Elle a choisi une partie du lac qui était couverte d'ombre...Si j'avais été en forme et de meilleure humeur, peut-être n'aurais-je pas retenu le rire franc qui menace de franchir mes lèvres. Mais à la place de cela, je soupire, exténué, et m'affaisse un peu plus contre l'arbre où elle m'a placé, pour finalement m'allonger alors que déjà elle est de nouveau à côté de moi. C'est cette fois-ci sans y porter une grande attention qu'elle applique le tissus trempé sur mon front, mais qu'importe, ce geste me soulage immédiatement, car l'agréable froideur de l'eau agresse un instant la chaleur insupportable qui me consumme le crâne. Je l'avoue, maintenant, il ne m'était pas venu à l'idée qu'Amy puisse agir de cette manière, mais j'ai beau me le demander, je suppose qu'il s'agit d'une situation peu commune. Pour moi, comme pour elle. Sans doute me serais-je traîné en rampant jusqu'à un carré d'ombre si elle n'avait pas été là. C'est peut être la première fois depuis longtemps que la compagnie de quelqu'un ne me dérange pas tant que ça. Alors que j'ai fermé les yeux, je les ouvre à nouveau pour les poser sur elle que je ne lâche plus du regard. Pour les autres, cette manie de les observer doit être agaçante, mais j'en ai tant l'habitude que je ne m'en préoccupe plus. Je ne cherche pas à savoir ce qu'elle pense, je la regarde, simplement, et je profite ainsi de l'accalmie de mes tremblements pour la détailler. Je ne dis rien, j'hésite quelque peu à la remercier, car je n'ai guère l'habitude de le faire. Le contact de l'herbe fraîche apaise la peau nue de mon dos, mais soudainement, un contact loin d'être inhabituel m'interpelle. Mes pouvoirs ont peu à peu commencé à geler le sol, alors que je lutte en silence pour les retenir. J'en ai assez de ces manifestations, depuis trop longtemps maintenant pour pouvoir les regarder d'un oeil indifférent. Mais il est peut être trop tard pour penser à ce genre de choses, car déjà le tissus humide qui me couvre le front s'est réchauffé. Sans réfléchir plus longtemps, j'écrase dans ma main quelques morceaux de glace, les plaque sur mon front, agacé, et laisse l'eau de leur fonte dévaler mes tempes douloureuses. Je déglutis péniblement avant de remarquer que la vision autrefois détaillée du visage d'Amy devient floue, et finalement, je m'adresse à elle.

- Ah, c'est horrible, je déteste vraiment ça...Je me demande ce que vous pensez de moi.

Mais tu n'en as rien à faire, Kain ! Certes, cependant, c'est plus fort que moi. Je vais certainement mettre un certain temps à me calmer, mais en attendant, je ne peux m'empêcher de me poser des questions qui n'amèneront jamais à rien. En silence, je ferme les yeux, incapable de soutenir plus longtemps la lumière qui parsème les lieux. Ce n'est pas à cause de ce boulot de Chasseur de primes que je passe des nuits blanches. Ces derniers temps, certaines d'entre elles sont peut être volontaires, je n'ai pas honte de l'avouer. Mais vous savez, quelquefois, je n'arrive tout simplement pas à dormir. Il y a quelque chose, dans ces nuits longues et fraîches qui torture brièvement mes pensées, mais suffisamment pour les mettre sens dessus-dessous pour le restant de cette pénombre que seule la lune éclaire. Oui, c'est terrible, je devrais avoir une tête de déterré, mais peut être ai-je vécu pire pour que cela n'arrive si facilement. Alors, quelle est cette chose que j'attends ? Ou que je regrette, plutôt. Oui, c'est cela. Pourquoi prétendre à la quiétude ? Pourquoi feindre le soulagement que jamais je ne m'accorde ? Comme je les hais, ces nuits qui me perdent. Alors que mes yeux fixent Amy sans réellement la regarder, je ne me suis pas immédiatement rendu compte que mon visage n'adopte qu'une expression vague. En ce moment, il est incapable d'en modeler d'autres, peut être, différentes de celle-ci, vide et mélancholique. Elle fige mes traits d'une désagréable candeur et fait danser dans mes iris glacés une indicible lueur hésitante. Mais par-dessus, elle me soulage, car peut être est-ce là le dernier vestige de la véritable âme qui m'habite. Et elle est bien triste, cette ruine. Elle est bien trop attachée au détestable passé. Et loin de partir, sans doute. Trop, peut être.

« Things hardly attained are long retained. »

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MessageSujet: Re: Une petite promenade...[PV : Kain O'Sullivan]   Lun 21 Jan - 16:58

    Je m'assis à côté de lui, toujours avec cet air perplexe et inquiet peint sur mon visage. Je réfléchissais à la manière dont je devais me comporter. Et aux questions que j'avais mais que je ne posais pas. Je me sentais inutile car je ne pouvais rien faire pour lui. Jusqu'aujourd'hui, c'était un sentiment totalement inconnu. Je n'avais jamais dû m'occuper de quelqu'un de malade, en fait, c'était plutôt les autres qui s'occupaient de moi, même si je n'avais aucun souvenir d'avoir été malade un jour. Je regardais Kain avec une certaine envie en pensant qu'avec son pouvoir j'aurais pu soulager ne serai-ce qu'un peu sa douleur.

    - Ah, c'est horrible, je déteste vraiment ça...Je me demande ce que vous pensez de moi.

    Il s'inquiétait de ça ? Décidément, il n'était pas dans son état normal. Lorsque je vis que le sol commençait à se tapisser d'un épaisse couche de glace, je m'inquiétais un peu plus. Pourquoi il n'arrivait plus à contrôler son pouvoir ? Est-ce qu'il était souvent dans cet état ? Pourquoi ? C'était l'effet du soleil trop chaud pour son corps habitué à une température basse ? Toutes ces questions tourbillonnaient dans ma tête, mais je ne voulais rien dire. Il était assez mal en point pour que je l'embête encore. Lorsqu'il remit de la glace sur son front, j'attendais que le glace fonde avant de récupérer le mouchoir pour le ré-humidifier avec de l'eau claire et fraîche. Je soupirais doucement en lui épongeant le front, puis je remarquais qu'il était en train de me détailler sans grande intention de le cacher. Je ne fis aucun commentaire, après tout j'avais l'habitude que le gens me toisent de cette manière. Le seul changement, c'est que lui je n'avais pas vraiment l'intention de le tuer un jour ou l'autre comme tout ces imbéciles qui me regardaient comme si j'avais la peste. Après tout, nous étions pas si différents, j'vais juste choisi une autre route que la leur, c'est tout. Je posais mes yeux sur le visage tordu par la douleur de Kain. Est-ce que je devais le ramener à la guilde et le confier aux infirmiers ? Non, ce n'était probablement pas une bonne idée, je lui avais donné ma parole que je ne dirais rien à personne. Je restais donc là à attendre qu'il aille meiux en me posant toujours autant de questions à son sujet.

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MessageSujet: Re: Une petite promenade...[PV : Kain O'Sullivan]   Jeu 24 Jan - 19:56



NEVER FORGET V
O'SULLIVAN KAIN




« We burned the tarts and witches
in the middle age,
we made the demons run,
we locked them in a cage.
We brightened up the darkness
with our christian light,
but it's still there,
the enemy inside. »




« You see things ; and you say, "Why" ? But I dream things that never were ; and I say, "Why not ?". »

La jeune femme s'assied patiemment à mes côtés, et je perçois d'ici une anxiété inconnue se peindre sur son visage fin. Je soupire brièvement, contrarié qu'elle se sente presque obligée de rester sous peine que je ne tombe dans les vappes, mais bien vite, je décide de ne pas adopter de nouveau une attitude renfrognée qui se chargerait rapidement de la faire changer d'avis. Et même si elle ne le montre pas explicitement, je suis presque persuadé qu'elle se pose un nombre important de questions en tout genre sur mon cas. Je détourne les yeux pour poser un regard désormais flou et troublé sur le tapis de verdure qu'offre la voûte de l'arbre. La main d'Amy passe alors devant mon champ de vision pour récupérer le mouchoir en tissus qu'elle s'empresse d'aller imbiber d'eau fraîche une nouvelle fois avant de revenir me l'appliquer, comme elle l'a fait un instant plus tôt. J'ai beau tenter de me convaincre du contraire, je n'ai jamais vécu une situation pareille, et j'ose avouer que je n'espérais pas avoir à la supporter. Il y a eu des fois quasiment semblables à celle-ci, et pourtant, elles restent différentes. Elles étaient nettement moins contrariantes, et surtout, j'étais alors un fervent habitué puisque je suis resté constamment cloué au lit durant mon enfance. Mon père adoptif a tant passé et repassé des tissus froids sur mon front que je n'y prêtais même plus attention. Il faut dire que le haut de mon visage a dû adopter une certaine insensibilité, ce qui ne m'étonne guère. Le doux soupir d'Amy ébranle durant un instant le fil chancelant de mes pensées alors qu'elle éponge patiemment mon front. Je ne comprends pas réellement ce pourquoi elle reste encore ici, mais qu'importe, je dois avouer que ses agissements m'arrangent plutôt qu'autre chose. Les élancements continuent néanmoins de tarauder mes nerfs, et je ne retiens pas les expressions douloureuses qu'affiche de temps à autres mon visage indécis. Je me suis attendu à ce qu'elle réponde, mais le silence de la mentor me fait serrer les poings un instant, tandis que je me trouve soudainement plus pitoyable encore. Pourquoi reste-t-elle si muette ? C'est moi qui le suis d'habitude, c'est moi qui n'ouvre pas la bouche une seule fois. C'est juste comme si les rôles s'inversaient, subrepticement, sans oublier de venir semer un trouble particulier dans ma tête. Dans un effort presque ultime, je redresse légèrement mon torse nu et vient appuyer mes coudes tremblants au sol : allongé, j'aurais été incapable de respirer. Je ne sais pas trop si elle me regarde à présent, quant à moi, j'ai définitivement tourné le regard. Un étau enserre ma tête déjà souffrante, ma gorge sèche se sert, mon ventre se noue et mes poings se crispent, alors je détourne brusquement la tête. Le marteau qui écrase mes tempes et les coups de couteaux qui taraudent mon dos sont si intenses que j'en viens soudainement à oublier la tête, trop intense pour autoriser une dernière pensée à venir occuper mon esprit. Je me penche sur le côté pour qu'Amy ne voit pas mon visage, et tandis qu'un tremblement terrible crispe mes muscles, une toux rauque et cuisante me déchire la gorge. J'ai à peine eu le temps de porter la main sur le bas de mon visage. J'ai à peine eu le temps de me jeter sur le côté pour bannir Amy de mon monde courroucé.

Je me souviens de ce jour comme s'il était survenu la veille. Il faisait gris, sombre même, froid, et c'étaient précisément les raisons pour lesquelles j'étais en grande forme, en dépit de mon mentor. Hiver, quand il nous tient...Alors oui, pour une des seules fois où j'étais en grande forme, lui était faible et maladif. Mais comme toujours, Ahâron en profitait pour grommeler à tout-va et s'énerver pour un oui ou pour un non, mais qu'importe, j'étais devenu un fervent habitué à force de supporter ses jérémiades. Il semblait sans cesse oublier qu'il n'était guère celui dont le père tentait constamment de l'éliminer depuis quatorze ans déjà. J'avais néanmoins toujours tu ce fait, car bien qu'il eut été au courant, je jugeais préférable de ne pas lui rabâcher incessamment. Tout de même, nous nous étions disputés – la routine, en quelque sorte – et j'étais sorti « prendre l'air » comme j'avais alors la singulière habitude de le dire. Et puis le drame survint, juste comme dans toutes ces histoires ridicules où il est impossible de ne pas deviner la fin. J'avais rencontré des chasseurs de prime, et alors...Et alors ? Cette période était certainement trop sombre, trop floue pour apparaître clairement dans mes souvenirs. J'avais dû recevoir quelques coups de couteau dans le dos, je ne sais plus très bien. Quelques ?! Quatre ou cinq, ce n'est pas « quelques », c'était déjà suffisamment dans l'excès ! Mais si je suis là, c'est que je ne suis pas mort à quatorze, et ce n'est guère difficile à suivre jusque là. Peut être aurais-je crevé dans cette forêt, baignant dans mon sang si Ahâron n'était pas arrivé. Cependant, mais ennemis prévoient tout, et elles sont souvent de grandes choses. Cette fois-ci, ce qu'ils m'ont donné me suivra sans doute toute ma vie, et je l'ai encore : vous savez, ce tatouage qui recouvre mes omoplates, et qui sans sa splendeur bleue ciel semble vouloir me faire passer pour un ange, en un mot, un fameux mensonge. Tous croient sans doute qu'il s'agit là d'un excès d'absurdité de ma part, qu'ils se méprennent ! Je n'attends plus leur pitié égoïste, celle dont ils se rassasient en ne pensant qu'à leur faim insatiable de bonté. Ainsi donc mes agresseurs ont ancré cette malédiction dans mon dos, et ce depuis désormais neuf ans. Neuf ans que je vis avec cette marque maudite qui me ronge ! Et pourquoi, pourquoi ne suis-je pas déjà redevenu poussière ? Je me demande...J'aurais peut être préféré disparaître. Car maintenant, je sais que cela ne fait que tarder. Et ce qui est en train de m'arriver en est une preuve irréfutable : si ces tremblements, cette fièvre, cette faiblesse, cette perte de mes moyens et ce que vient de produire ma toux n'est qu'une vulgaire maladie, que l'on me jette dans les fourneaux de l'Enfer. Je baisse légèrement la main que j'avais plaqué sur ma bouche, et lorsque je baisse lentement les yeux, ma vue se heurte à une couleur presque pourpre. Ce n'est pas une fleur vermeille, un éclat de rubis ou une branche de corail, et moins encore un coucher de soleil que noie la mer. Il n'y a là que d'épais méandres de mon sang.

J'aurais certainement préféré pouvoir faire disparaître cette hémoglobine quelque peu abondante, de crainte qu'Amy ne la voie. Je viens tout de même de cracher du sang, ce n'est pas la première fois, et assurément pas la dernière, mais je ne peux m'empêcher de me figer, incapable d'en tirer de réelles conclusions. Que dois-je faire ? Me retourner comme s'il ne s'était rien passé, comme si j'étais en pleine forme ? Partir d'ici sur-le-champ, en titubant s'il le faut ? Ou rester ainsi telle une statue que le temps épargne ? Je déglutis péniblement, ce qui arrache un frisson douloureux à mon échine, alors que les ailes angéliques décorant mon dos sont pleinement dévoilées aux yeux de mon interlocutrice. Mon poing se sert sur mon propre sang qui couvre la paume de ma main, et dont la moitié a déjà commencé à dévaler mon poignet puis mon avant bras, alors que certaines gouttes contrastent dans la verdure fraîche de l'herbe abondante. Mes poumons me brûlent tant que j'ai l'indésirable sensation de me consumer de l'intérieur. Pour un peu, j'aurais cru finir en braises en un instant. J'ai choisi la première option, vous le savez : je suis lâche. Ma tête a beau me torturer de plus belle, je bascule à nouveau sur le côté, en position assise, ne montrant que mon profil à Amy. J'essuie patiemment l'hémoglobine qui a coulé de ma bouche du revers de la main, et penche la tête en arrière avant de fermer les yeux, assis contre l'arbre. Mon Dieu, je ne veux pas voir sa tête, son expression !

Pourquoi ? Parce qu'elle me laisserait trop deviner comment est la mienne. Et Dieu sait que je souffre tant et si bien que je suis désormais incapable d'en percevoir l'intensité. Dieu sait que je hais au plus haut point ce que le monde me donne comme père. Dieu sait que moi-même suis terriblement surpris de ce qu'il m'arrive. Car le soleil seul n'en est que pour la moitié : le reste appartient à ce qui détruit mon âme. Je suis trop las pour parler, mais plus encore pour l'entendre. Vaut-il mieux oublier ? Mais je suis et reste Kain O'Sullivan, le fameux Chasseur de primes qui jamais ne se lasse de tuer, et qui pourtant n'en est guère fier. Je suis cet homme de glace qu'aucune chaleur ne fait fondre, je suis ce coeur de pierre que l'acier ne brise pas, je suis cette forteresse que le temps n'assiège pas ! Je suis cet être arrogant que l'amabilité n'atteint pas. En silence, je serre les dents et me mord la lèvre inférieure jusqu'au sang. Si une brève douleur ne me l'avait pas remarqué, je ne l'aurais pas su, car ce goût amer de ferraille est déjà bien trop présent dans ma bouche pour céder la place à un nouveau. Je ne dirais rien, rien de plus sur moi ! J'ai parfois peur d'oublier ma carapace, mais tôt ou tard, je sais qu'elle reviendra. Elle n'est rien sans moi.
Mais peut-être ne suis-je rien sans elle.

« You see things ; and you say, "Why" ? But I dream things that never were ; and I say, "Why not ?" »







[Désolée ! *^*]

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MessageSujet: Re: Une petite promenade...[PV : Kain O'Sullivan]   Dim 27 Jan - 19:19

[Ne t'inquiète pas je prend toujours autant de plaisir à lire tes posts *^*( désolé, de ne pas être aussi douée que toi --') et au passage, j'adore ton nouveau kit, même si je remarque que tu fais encore ta rebelle et que tu ne suis pas le règlement, mais comme je suis gentille et que tu es une membre fidèle (et que ça ne déforme pas le forum accessoirement x), je ne dirais rien x)]

    Je m'apprêtais à retourner chercher de l'eau fraîche lorsqu'il se retourna brutalement et fût secoué par une violent quinte de toux. Ne sachant pas quoi faire et face à une situation totalement nouvelle pour moi, je sursautais avant de prendre une mine affolée qui ne me ressemblait pas du tout. Il se remit lentement sur le dos, la respiration rapide. Je pus discerner une légère trace rosée sur le coin de ses lèvres. Cette trace que je voyais souvent sur les joues de mes victimes qui ne s'avouaient pas vaincues tout de suite. Il venait de cracher du sang. Ne sachant pas quoi faire, je sortis ma gour de me sac et lui tendis, mais il semblait perdu dans ses pensées. Suivant son exemple, je réfléchissais à toute vitesse pour trouver une solution. Puis, je relevais brusquement la tête et me rappelant les images de la scène de tout à l'heure, je me dis que quelque chose clochait. Sur son dos, j'avais remarqué des zébrures bleutées mais j'étais tellement paniquée que je n'avais pas relevé. Cette trace ne pouvait être naturelle. Je regardais Kain en lui posant de nombreuses questions intérieurement. Mes lèvres refusaient de bouger et toutes ces questions s'entremêlaient dans mon esprit :

    Qu'est ce qui t'arrive ?
    Est-ce normal ?
    Est-ce fréquent ?
    Qu'est-ce que je dois faire pour que tu ailles mieux ?
    Pourquoi tes pouvoirs n'en font qu'à leur tête ?
    Est-ce que tu as besoin de quelque chose ? N'importe quoi, j'irais te le chercher si ça te permet de redevenir l'indiscernable Kain O'Sulivan que tout le monde connaît.
    Que signifient ces marques sur ton dos ?
    Ça te fait souffrir ?


    Tant de questions sans réponse que je n'arrivais pas à poser, tellement tétanisé par son état. Je restais donc plantée là, avec ma mine déconfite.

...............................

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MessageSujet: Re: Une petite promenade...[PV : Kain O'Sullivan]   Lun 28 Jan - 9:27

[Hoho merci ! \(*w*)/ Et ce n'est pas grave, ça ne me dérange pas ! ^-^
Oups, je n'avais pas remarqué pour le kit...(a) Je suis désolée ! *-* Et merci de m'autoriser à le laisser comme ça, mais j'ai quand même taillé un peu l'avatar, question de pas trop passer pour une rebelle. 8D]







NEVER FORGET VI
O'SULLIVAN KAIN




« How long can you stand the pain ?
How long will you hide your face ?
How long will you be afraid ?
Are you afraid ?
How long will you play this game ?
Will you fight or will you walk away ?
How long will you let it burn ? »





« God, grant me the serenity to accept things I cannot change, the courage to change the things I can, and the wisdom to know the difference. »

Bien que je sois quelque peu incapable de penser correctement, je continue à fixer le vide, convaincu qu'un éclair passager parviendrait à éclairer le noir brouillard couvrant mon esprit. Et pourtant, je sais que c'est là peine perdue, car je suis tant et si bien perturbé que rien ne semble vouloir chasser mes idées obscures. Ma perdition est telle que je ne remarque pas qu'Amy a sorti une gourde de son sac, et qu'elle me la tend à présent. Moi qui d'habitude ne laisse échapper aucun détail de mon entourage, il y a là un véritable dôme qui me coupe de la réalité, et qui fait tantôt se mouvoir le lac et la berge dans une danse macabre. Et puis, brisant cette atroce quiétude, il subvient parfois un craquement, le bruit de la brise qui joue dans les feuilles des arbres, et qui se fondent en vacarme assourdissant à mes oreilles qui ne parviennent plus à supporter aucun bruit. J'ai peut être craqué, et si non, j'aurais dû le faire, mais je sais que dans mon état actuel, je suis à deux doigts de m'écrouler dans l'impardonnable royaume des cauchemars. Je sais que le doux souffle du vent voudrait murmurer, chuchoter même dans le silence, mais à l'inverse, il semble hurler et courrir entre mes douleurs. J'ai soudainement envie de fermer les yeux pour ne plus jamais les ouvrir, mais lorsque j'aperçois du coin de l'oeil Amy relever brusquement la tête, je ne peux m'empêcher de tourner lentement la mienne vers elle. Elle aussi doit tenter de déméler le fil de ses pensées. Et pourtant je la laisse ignorante face à ma situation déplorable. J'ai tant serré mon poing maculé de sang que s'il s'était retrouvé les os brisés, je ne l'aurais sans doute pas senti. La jeune femme lève ses yeux pourpres sur moi, et bien que je l'aie déjà remarquée, l'incompréhension qu'elle arbore est désormais presque palpable. J'ai peut être un peu plus de remords, mais je me contente de conserver mon visage qui aurait été inexpressif s'il n'était pas voilé de douleur, et dans un geste quelque peu tremblant, je saisis la gourde qu'elle m'offre sans réellement pouvoir faire autre chose. Je détourne mes iris de glace avant de boire une, puis deux, et d'autres gorgées encore, surpris de l'effet soudainement bénéfique de cette eau fraîche. Ma gorge qui un instant plus tôt me brûlait s'est quelque peu apaisée, et moi de même. Je ferme les yeux en laissant un soupir m'échapper, et me décide à essuyer le sang resté à la commisure de mes lèvres. Oui, elle a remarqué, c'est évident. Je pose la gourde dans l'herbe que j'ai gelée malgré moi, et déglutis péniblement, avant de m'adresser à la jeune assassine d'une voix faible.

- Ne faites pas cette tête, Amy. Je ne vous en voudrais pas si vous me posiez un tas de questions gênantes, je suppose que vous avez le droit de comprendre mon état.

Sur ces mots qui ont suffit à resserrer un peu plus l'étau qui m'enserre le crâne, je lève lentement le bras vers elle, et dans un geste que j'aurais cru ne jamais refaire, je viens poser ma main sur sa tête. Le contact de ses cheveux sous ma paume est doux, presque aussi doux que de la soie. Mais je réalise un instant ce que je suis en train de faire, et je me retire prestemment, non sans ignorer les protestations qui fusent dans mes pensées. Allons, Kain ! Ne laisse pas ces moments de faiblesse remplacer la glace par le feu d'antan ! Ne laisse pas de vagues impressions te guider de manière si absurde. Je sais que ce moi n'existe pas – plus, devrais-je dire – mais je ne peux empêcher de vieux souvenirs de faire surface dans mes pensées courroucées. Ce n'est pas grave. Cela veut certainement dire que je la considère comme une amie, ce qui n'est guère étonnant après qu'elle m'aie vu dans cet état pitoyable. Elle est une des seules à savoir, maintenant. Et dire que je pensais fuir après m'être vengé ! Et dire que je pensais ne jamais rester ! Je devrais écouter ces ombres insensées qui sans cesse me murmurent leurs idéaux. Je me redresse brusquement sur un coup de tête, et lève des yeux déterminés vers le ciel et sa couleur d'azur trempé qui tire désormais davantage vers un gris clair et fade. Je n'attends pas de réponse de la mentor, alors que contre toute attente et en dépit de mon état, je me remets à parler.

- Je n'ai pas changé, vous savez, pas juste à cause de ces débordements et de cette malédiction qui torture mon âme. J'ai toujours détesté que l'on me prenne en pitié, et pourtant, je ne peux m'empêcher d'apprécier les gestes que vous faites pour moi. Je ne vous connais pas et il en est sans doute de même pour vous envers moi, mais je n'arrive pas à refuser votre aide. Est-ce parce que je suis faible, en ce moment ? Est-ce parce que je n'ose pas me montrer déraisonnable ?

Je baisse la tête le temps de reprendre mon souffle et repousse en arrière les mèches bleues qui sont tombées sur mon regard. Puis je continue, visiblement décidé à construire de courts monologues surtout destinés à me convaincre moi-même, mais j'espère en silence qu'elle trouve dans mes mots une échappatoire à ses questions.

- Enfin, qu'importe, je vous autorise à m'agacer pour l'instant, je ne pense pas être en état de riposter. Et puis, vous savez, il est possible que je considère cela comme une punition pour m'être montré désagréable à notre rencontre. Mais ne vous méprenez pas...Je serais toujours cynique. J'ai...une ambition pour laquelle je me suis engagé en tant que membre dans la guilde des Assassins. Peut être ne vous la dirais-je jamais ? Il en est sans doute préférable ainsi. Et pourtant, vous êtes la mentor, alors pourquoi suis-je en train de psalmodier ces inepties ? Il faut croire que j'aime voir le visage que vous me montrez à l'instant : il est soucieux, consterné, incompréhensif et indécis, il ressemble à un champ de coquelicots que le vent a fait mourir. Oui, j'aime beaucoup ce visage, mais vous ne devriez pas me le montrer, il me souffle d'insupportables désirs de destruction...

Au fur et à mesure que j'ai parlé, un sourire arrogant a relevé le coin de mes lèvres, pour finalement redonner à mon visage exténué son habituelle expression que personne n'arrive réellement à cerner. Mes iris limpides ne la lâchent pas du regard, et continuent de détailler trait par trait son visage fin. Amy va peut être croire que je me suis mis à délirer à cause de mon état déplorable. Et je pense qu'il vaudrait mieux qu'elle pense de cette manière. Après tout, se montrer ingrat et orgueilleux a toujours fait partie de mon caractère. À présent, je me demande comment elle va réagir face à ce changement de ma part. Sera-t-elle déçue ? Va-t-elle répliquer, ou encore me laisser finalement seul ? Cela ne m'étonnerait pas vraiment. Et qu'est ce que je cherche ? Qu'elle soit désagréable envers moi ? Qu'elle me traite comme un ennemi ? Qu'elle rejette l'attention qu'elle m'a accordée ? Et qu'est ce que je cherche, moi, l'entêté de toujours se faire détester, qu'est ce que je cherche ! Je sais, oui, je sais ce qui me guide. Je vis dans le passé tel un imbécile qui refuse d'aller de l'avant, mais comment avancer ? Je ne sais pas ce qui doit être changé et ce qui doit rester ! Je ne sais pas comment faire la différence entre les deux. Alors, ce n'est pas grave, j'ai déjà décidé de mourir sans savoir comment modifier ces choses qui ternissent mes pensées. Il n'y a plus là que des déboires dont je ne cesse d'alimenter le feu, et des satisfactions que j'écrase sous d'imposantes masses de glace. Ma tête me torture. Mon état s'est à peine amélioré, mais déjà j'essaie d'agir comme si rien ne s'était passé. Aux yeux du monde, je tente, borné, d'apparaître comme un homme intouchable qui jamais ne cède aux assauts. Mais moi-même me trouve pitoyable. Moi-même sait qu'à l'identique des autres, je suis capable de plier les genoux à tout moment. Et ce goût de la défaite est terriblement amer quand on est seul à s'en rendre compte.

« God, grant me the serenity to accept things I cannot change, the courage to change the things I can, and the wisdom to know the difference. »

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MessageSujet: Re: Une petite promenade...[PV : Kain O'Sullivan]   Ven 8 Mar - 16:13

[Voilà, désolé, je n'ai pas vraiment eu le temps ces temps-ci avec le bac blanc et les vacs sans internet --']

    - Ne faites pas cette tête, Amy. Je ne vous en voudrais pas si vous me posiez un tas de questions gênantes, je suppose que vous avez le droit de comprendre mon état.

    Je le regardais avec un air complexe. Je ne savais pas quoi répondre à cela, ce qui était étrange pour quelqu’un comme moi qui avait toujours quelque chose à rajouter. Je baissais la tête pour ne pas trop lui montrer mon visage déconfit, ce qui ne servait sans doute à rien vu qu’il avait déjà dû l’étudier de fond en comble. Je commençais à me perdre dans mes pensées, lorsque je sentis sur ma tête une légère pression chaude. Je la relevais brusquement et ouvris de grands yeux. Kain avait posé sa main sur ma tête ?? Décidément, il ne se comportait pas du tout comme d’habitude. Mon visage s’enflamma légèrement, je détournais la tête lorsqu’il retira sa main. Je baissais les yeux, ce qui n’était pas du tout mon genre, mais je n’avais jamais été face à cette situation et je ne savais pas du tout comment réagir. Contre toute attente, il recommença tout de suite à parler :

    - Je n'ai pas changé, vous savez, pas juste à cause de ces débordements et de cette malédiction qui torture mon âme. J'ai toujours détesté que l'on me prenne en pitié, et pourtant, je ne peux m'empêcher d'apprécier les gestes que vous faites pour moi. Je ne vous connais pas et il en est sans doute de même pour vous envers moi, mais je n'arrive pas à refuser votre aide. Est-ce parce que je suis faible, en ce moment ? Est-ce parce que je n'ose pas me montrer déraisonnable ? Enfin, qu'importe, je vous autorise à m'agacer pour l'instant, je ne pense pas être en état de riposter. Et puis, vous savez, il est possible que je considère cela comme une punition pour m'être montré désagréable à notre rencontre. Mais ne vous méprenez pas...Je serais toujours cynique. J'ai...une ambition pour laquelle je me suis engagé en tant que membre dans la guilde des Assassins. Peut être ne vous la dirais-je jamais ? Il en est sans doute préférable ainsi. Et pourtant, vous êtes la mentor, alors pourquoi suis-je en train de psalmodier ces inepties ? Il faut croire que j'aime voir le visage que vous me montrez à l'instant : il est soucieux, consterné, incompréhensif et indécis, il ressemble à un champ de coquelicots que le vent a fait mourir. Oui, j'aime beaucoup ce visage, mais vous ne devriez pas me le montrer, il me souffle d'insupportables désirs de destruction...
    Il reprit alors ce sourire qui m’agaçait tant. Il attendait sûrement une réponse, mais je n’avais rien à dire, rien à lui dire. Je relevais la tête et remarquais que le soleil était en train de se coucher en teintant le ciel d’une lumière rougeâtre que j’avais plutôt l’habitude de voir sur le corps de mes victimes. Je souris devant ce spectacle et me relevais doucement en époussetant mon uniforme. Je me tournais alors vers Kain.

    - Le soleil se couche. Nous ferions bien de rentrer à la guilde, il commence à faire froid. Dans la pénombre, personne ne risque de nous voir et là-bas nous serons en sécurité. Une chambre t’a été attribuée même si tu refuses d’y aller. Je peux t’aider à marcher. Allez viens, nous ne devrions pas rester ici, les dangers ne sont jamais très loin, tu dois le savoir, non ?

    Sur ce, je me penchais sur Kain et lui saisi doucement le bras en attendant sa réponse.




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MessageSujet: Re: Une petite promenade...[PV : Kain O'Sullivan]   Lun 11 Mar - 9:44

[Ce n'est pas grave ! Quelle horreur ce bac blanc, je n'ose même pas voir ma note. ;_;]





NEVER FORGET VII
O'SULLIVAN KAIN




« No light, no light in your bright blue eyes
I never knew daylight could be so violent
A revelation in the light of day

You can't choose what stays and what fades away
And I'd do anything to make you stay »





« Liberté. Je suis libre d'imaginer ce que je souhaite, et ce sans aucune restriction. Elle est l'aigle qui plane tranquillement sous la nue, et ses paroles sont le guide qui vers l'horizon plonge dans l'inconnu. Elles ne m'offrent que de vagues et éphémères indications, et avec un sourire d'humilité, parlent : « Va, emmène-nous là où tu veux être. »

Elle ne dit rien, et me laisse d'abord dans un silence si pesant que je m'en sens étonnamment déçu. Je détourne les yeux de son visage quelque peu désolé, et pose mon regard de glace sur les nuages que l'horizon attire dans son coucher de soleil. Ils se fondent en ocre vers la ligne du bout du monde, semblent lutter un instant contre ces couleurs drapées de chaleur, et finalement cèdent, abandonnant le bleu libertaire que leur offrait leur précédent ciel, qui désormais semble plus froid et solitaire que n'importe quel glacier. Je déteste les couleurs du coucher de soleil. Bien sûr, elles sont profondes et magnifiques, mais elles laissent peser sur mon coeur une langueur sempiternelle qui toujours semble me murmurer : « Tu aurais pû être quelqu'un d'autre, Kain. Tu aurais pû faire partie de ces gens qui rient joyeusement sans se soucier de quoi que ce soit. Toi aussi, tu aurais pû être mort, Assassin. ». Et j'ai beau tenter de le nier, ces atroces pensées me pincent le coeur d'une intensité telle qu'elle me laisse muet, puis pantois devant le tableau coloré du soir. Alors je ne pense plus, et je me mets à ressembler davantage à une coquille vide. Mais peut-être est-ce surtout parce que je ne sais pas trop où je vais. Nous sommes tous un peu comme ça. Indécis, enclin à hésiter devant cet inconnu qui nous enserre.

- Le soleil se couche. Nous ferions bien de rentrer à la guilde, il commence à faire froid. Dans la pénombre, personne ne risque de nous voir et là-bas nous serons en sécurité. Une chambre t'a été attribuée même si tu refuses d'y aller. Je peux t'aider à marcher. Aller, viens, nous ne devrions pas rester ici, les dangers ne sont jamais très loin, tu dois le savoir, non ?

Elle s'est levée, avant d'épousseter et de défriper son uniforme aux allures singulières, puis elle vient même se pencher sur moi pour saisir doucement mon bras, certainement dans le but de m'aider à me lever. Je retiens à contre-coeur l'expression désapprobatrice que j'ai manqué de laisser apparaître sur mon visage, et me hissant debout en continuant de m'appuyer contre l'écorce sèche de l'arbre, je lui réponds d'une voix qui se veut habituellement froide et stoïque.

- Et vous devriez savoir, mademoiselle, que je fais partie de ceux que le froid ne dérange pas, bien au contraire. Je ne sais pas si c'est de cette sécurité dont j'ai besoin. Ne sommes-nous pas nous-mêmes des prédateurs en cet instant ? Je crois savoir que vous n'êtes pas aussi frêle et innocente que votre apparence le laisse imaginer.

La tête baissée, j'accentue un peu plus le sourire qui réhausse la commissure de mes lèvres, mais pour cette fois le fondre en une expression à la fois amusée et malicieuse. Je ne me suis pas réellement attendu à ce qu'elle parle d'un quelconque danger, mais je perçois davantage en ses paroles un semblant de prétexte pour que je rentre à la guilde. Il faut dire que je suis loin d'avoir l'air en grande forme. Mais pour une fois, je ne vois pas d'importante réticence à me laisser guider jusque dans un endroit que je suis incapable de supporter. J'ai des choses à faire, cette nuit, un peu trop peut être, et je sens que je vais tout abandonner, tout laisser derrière. Je sens que le courage de tuer me manque, ce soir. Oh, non, ce n'est pas du courage, loin de là, c'est une folie meurtrière, ce genre d'attitude que les citoyens normaux sont incapables de comprendre et accepter. Ils crieraient, si vous leur disiez cela, ils vous traîteraient de fou et partiraient certainement en courant. Mais ils ne comprennent pas. Ils ne peuvent pas comprendre. Personne ne tue pour le plaisir, personne. Nous avons tous nos raisons, même les fous ont les leurs. Leur vision des choses, leur monde, leurs intentions que nous sommes pourtant obligés de rejeter. Pourquoi ? Parce qu'ils sont fous, c'est tout. Parce qu'ils n'ont pas le même savoir que nous, parce que cela les fait devenir dangereux. Et quelque part, c'est terriblement vrai. Alors j'en viens parfois à penser que je fais partie de ces fous que le monde est incapable de comprendre, et que selon mes idéaux et ambitions, ce que j'accomplis est correct. Néanmoins, le fait d'en avoir conscience n'est-il pas la preuve que je sais à quel point mes agissements sont barbares ? Je n'ai plus vraiment envie d'y penser.
J'ai fait quelques pas, ce qui a montré mon accord quand à ses propositions précédentes. Très bien, je vais rentrer à la guilde pour cette nuit. Question de me reposer, de faire le point sur ma situation. Vais-je continuer ? Vais-je tout arrêter ? Vais-je mettre mon stratagème en route, puis partir ? Je ne sais pas, je n'en sais rien, c'est tellement difficile de décider. Mes iris de glace se figent sur ceux, pourpres, de la mentor qui s'est jusqu'alors contentée de s'adapter à mon attitude, et qui me soutient à présent, avec une patience dont je n'aurais pas su faire preuve. À dire vrai, à sa place, je serais peut être parti. Des sentiments entravants se bousculent dans mes pensées, et laissent tantôt passer dans mes yeux un éclat nouveau. Que penser ?

- Je ne savais pas que vous étiez comme cela, Amy. Je ne savais pas que la mentor était ce genre de personne. Et à présent, trop de questions empiètent sur mes pensées. J'ai envie de savoir ce que vous faites ici, ce pourquoi vous êtes la commandante de ces Assassins, la raison pour laquelle vous m'aidez. Mais vous n'avez pas besoin de ces raisons, n'est-ce pas ? Vous faites simplement les gestes que vous jugez corrects. Ah, ne faites pas attention à ce que je raconte...Ramenez-moi, c'est tout.

Un rire bref m'échappa, et je pris appui sur elle, soucieux cependant de n'être qu'une gêne. J'ai recommencé. J'ai recommencé à douter de tout. Ahâron me le disait toujours : « Ce n'est pas grave si tu te poses tant de questions, Kain. C'est la preuve que tu es conscient que tes agissements et ceux de ton entourage sont problématiques. Mais il y aura toujours des choses à changer, des gens à raisonner, et du changement auquel il faudra s'adapter. ». Mais j'ai tué cet homme. Et tant d'autres après lui. Personne ne sait vraiment comment cela se passe dans la tête d'un Assassin. Pas même moi, alors que j'en suis un.

« Et, vois-tu, il est des temps où les mots ne sont pas assez forts pour exprimer ce que l'on est capable de ressentir. Il est de ces instants où les plus réalistes d'entre nous tentent de trouver la juste parole pour qualifier ce qui est plus merveilleux que le merveilleux lui-même. Ils tentent, en vain, et échouent lamentablement, mais toujours dans leur œil brille une intense lueur qui sans cesse crie : « Je le sais, je l'ai, cette réponse ! Et les plus divins s'en voudront de ne point m'avoir écouté, je laisserai leur repentir se noyer dans mes satisfactions, quand viendra le temps ! ». »




[Tu peux le continuer à la guilde si tu veux. ^-^ Au premier étage, vu qu'il y a les quartiers ?]

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MessageSujet: Re: Une petite promenade...[PV : Kain O'Sullivan]   Sam 16 Mar - 17:56

Voilààààà ^^

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MessageSujet: Re: Une petite promenade...[PV : Kain O'Sullivan]   Aujourd'hui à 21:17

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Une petite promenade...[PV : Kain O'Sullivan]

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